Les agents IA auront bientôt leur propre moteur de recherche
Google, Microsoft et dix autres géants lancent ARD, une norme ouverte pour que les agents IA découvrent et utilisent des outils, des compétences et d'autres agents à travers le Web.

Une norme pour connecter les agents IA
Google, Microsoft, GoDaddy, Hugging Face, NVIDIA, Salesforce, ServiceNow, Databricks, Snowflake, GitHub et Cisco annoncent une nouvelle norme appelée Agentic Resource Discovery (ARD). Il s'agit d'une spécification ouverte permettant de publier, de découvrir et de vérifier les capacités d'IA sur le Web.
Cette annonce réunit 11 géants de la technologie. Remarquablement, ni OpenAI ni Anthropic ne figurent parmi les partenaires participants.
Le problème : les agents IA sont isolés
En 2024, Anthropic a introduit le MCP (Model Context Protocol), qui a normalisé la communication entre les systèmes d'IA et les serveurs. Mais le MCP n'a résolu qu'une partie du problème : il permet la communication, mais pas la découverte.
Les agents IA s'appuient de plus en plus sur des outils, des compétences et d'autres agents répartis entre les équipes, les réseaux et les organisations. Le problème : il est souvent difficile de trouver ces ressources. Chaque agent ne peut utiliser que ce à quoi il a été explicitement connecté.
Ramanathan Guha, Technical Fellow chez Microsoft, l'explique ainsi : « Les capacités de l'IA se limitent à ce que son câblage lui permet. L'IA ne peut utiliser que ce à quoi elle a été explicitement connectée. Tout le reste pourrait tout aussi bien ne pas exister. »
En d'autres termes, les agents IA ont besoin de leur propre moteur de recherche.
ARD : un moteur de recherche pour le Web agentique
Microsoft compare la situation actuelle au Web avant l'apparition des moteurs de recherche. À l'époque de Yahoo, des indexeurs humains créaient des arborescences de sites classés par thème. Si votre site n'y figurait pas, personne ne pouvait vous trouver.
ARD fonctionne différemment. Ce n'est pas une interface où les utilisateurs saisissent des requêtes. C'est plutôt un cadre pour les services de découverte : les agents interrogent les nœuds d'ARD pour savoir ce qu'ils savent.
Rao Surapaneni, vice-président chez Google Cloud, déclare : « Le véritable potentiel de l'IA agentique a été limité par les silos. En supprimant les contrôleurs d'accès centralisés, nous donnons à n'importe quel agent les moyens de découvrir, de faire confiance et d'utiliser des ressources sur toutes les plateformes. »
Comment ARD fonctionne : catalogues et registres
ARD repose sur deux composantes architecturales :
- Les catalogues : chaque organisation héberge un fichier
ai-catalog.jsonsur son domaine. Ce fichier décrit les outils, compétences et agents disponibles. - Les registres : ils explorent les catalogues, indexent leur contenu et renvoient les capacités correspondantes avec des métadonnées de vérification.
La propriété du domaine sert de fondement cryptographique à l'identité et à la confiance. Un catalogue hébergé sur microsoft.com ou zdnet.fr établit que ce dernier a été validé par les propriétaires du domaine.
L'architecture s'inspire du DNS. Ramanathan Guha explique : « Cela confère à ARD une architecture plus proche du DNS que d'une recherche Web classique. »
Les risques de sécurité
Cette architecture ouverte crée une nouvelle surface d'attaque. Si un domaine, le DNS, un serveur ou un référentiel est compromis, le catalogue devient une cible à fort impact.
ARD est conçu pour intervenir avant l'invocation : il aide un client IA à décider quelle fonctionnalité utiliser avant de se connecter. Mais cela ne remplace pas les contrôles de sécurité classiques : autorisation, gouvernance, listes d'autorisation, révision du code, signature, surveillance et application des politiques.
Google met en avant des contrôles d'entreprise comme l'identité d'agent, les manifestes de confiance, les politiques de sortie et les outils épinglés. Néanmoins, cette cible à forte valeur ajoutée devrait préoccuper quiconque adopte ARD.
Les premières implémentations
Les éditeurs intègrent déjà ARD dans leurs projets :
- GitHub a lancé Agent Finder, permettant à Copilot de découvrir et d'appeler des serveurs MCP, des compétences et des agents à partir d'un registre public ou privé.
- Hugging Face propose Discover, une implémentation de ARD offrant une recherche sémantique parmi des milliers de compétences et serveurs MCP.
- Google prend en charge ARD via Agent Registry dans sa Gemini Enterprise Agent Platform, avec une prise en charge native prévue pour les mois à venir.
Une spécification ouverte
La spécification d'ARD est désormais disponible sous licence Apache 2.0, basée sur le modèle de données AI Catalog développé par un groupe de travail de la Linux Foundation.
Google affirme : « L'écosystème des agents fonctionne mieux lorsqu'il est décentralisé et ouvert. »
Plus d'informations sont disponibles sur AgenticResourceDiscovery.org et sur le référentiel GitHub dédié à la spécification.
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