startupPublié le 18 juin 20263 min de lecture

EYST, la startup tunisienne qui révolutionne l'assurance avec des cartes virtuelles

La fintech tunisienne EYST lève un financement à six chiffres auprès de 216 Capital. Sa technologie : des cartes bancaires virtuelles qui permettent aux assurés de recevoir leurs indemnités instantanément.

EYST التونسية: تمويل ستة أرقام من 216 Capital باش توسع فأوروبا وأمريكا

EYST Technology, une startup tunisienne spécialisée dans l'assurance numérique (InsurTech), vient de boucler une levée de fonds à six chiffres auprès du fonds 216 Capital. Ce financement soutient l'expansion de l'entreprise en Europe, en Amérique, au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique du Sud.

Marwen Amamou, fondateur et CTO d'EYST, explique : « L'arrivée de 216 Capital est une étape majeure. Au-delà du financement, nous partageons une ambition commune : transformer l'expérience du règlement des sinistres en combinant le paiement instantané, la gestion des risques et l'intelligence des données. » En clair : EYST sort du marché tunisien et mise sur l'international.

Qu'est-ce qu'EYST exactement ?

EYST a développé une plateforme SaaS (un logiciel cloud utilisé par d'autres entreprises) qui permet aux assureurs de faire quelque chose de révolutionnaire : au lieu que l'assuré avance l'argent et attende le remboursement (modèle traditionnel et lent), EYST émet une carte bancaire virtuelle avec le montant dû, directement et instantanément.

Concrètement : vous êtes malade et allez à l'hôpital. Vous payez 2 000 dirhams. Au lieu d'attendre trois semaines le remboursement, EYST vous remet une carte virtuelle avec 2 000 dirhams que vous pouvez dépenser immédiatement. L'avantage : meilleure expérience pour l'assuré, plus de données pour l'assureur.

La vraie technologie : bien plus que le paiement instantané

EYST ne se limite pas aux cartes virtuelles. L'entreprise a construit une solution complète qui combine trois éléments :

1. Le paiement instantané

L'assuré reçoit ses fonds immédiatement, sans délai d'attente.

2. Le contrôle et le suivi

La carte virtuelle peut être configurée par l'assureur : par exemple, « cette carte ne fonctionne que pour les soins médicaux » ou « uniquement dans certaines pharmacies ». Cette restriction protège contre la fraude.

3. L'intelligence des données

Chaque transaction génère des informations : heure, lieu, type de dépense. Ces données aident l'assureur à :

  • Détecter la fraude rapidement (une transaction anormale = alerte immédiate)
  • Comprendre le comportement des assurés
  • Prendre de meilleures décisions

Dhekra Khelifi, associée chez 216 Capital, commente : « EYST résout un problème structurel du secteur assurantiel. Leur capacité à combiner paiement instantané, données et protection contre les risques est un avantage concurrentiel fort. »

Pourquoi 216 Capital a investi ?

Le marché assurantiel en Tunisie et dans la région connaît une transformation numérique majeure. Les assureurs traditionnels cherchent des solutions qui améliorent l'expérience client et réduisent la fraude. EYST résout ces deux problèmes à la fois.

216 Capital, un fonds d'investissement tuniso-français, a parié sur une startup tunisienne capable d'exporter sa technologie mondialement. Le pari est clair : une bonne technologie ne doit pas rester confinée à la Tunisie.

Plans d'expansion : l'Europe et l'Amérique en ligne de mire

EYST utilisera ce financement selon quatre axes :

  1. Développer de nouvelles fonctionnalités : cashback, meilleures intégrations avec les systèmes des assureurs
  2. Renforcer l'équipe : notamment en ventes et data science
  3. S'étendre à l'international : Europe, Amérique, Moyen-Orient, Asie, Amérique du Sud
  4. Rester ancré localement : l'équipe d'EYST est basée en Tunisie, ce qui réduit les coûts

Ce que cela signifie pour vous

Le secteur assurantiel au Maroc connaît la même transformation : des assureurs comme Royale Marocaine, CIMR et Saham cherchent des solutions numériques pour accélérer le règlement et combattre la fraude. Une solution comme EYST pourrait les intéresser fortement, surtout s'ils adoptent un modèle numérique.

Les développeurs marocains aussi ont à y gagner : les entreprises comme EYST recrutent des ingénieurs en Tunisie, au Maroc et ailleurs. Les consultants indépendants en assurance ou fintech peuvent s'inspirer de ce modèle. Le message est clair : une startup tunisienne qui se développe mondialement = opportunités de travail remote pour les talents marocains.

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