aiPublié le 13 juin 20263 min de lecture

ONU : Omar Hilale co-préside une réunion sur l'IA avant Genève

L'ambassadeur du Maroc à l'ONU prépare le premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA, prévu en juillet à Genève. Il avertit : sans accord multilatéral, les règles de l'IA continueront de s'écrire dans des clubs restreints.

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L'ambassadeur du Maroc à la manœuvre

Omar Hilale, représentant permanent du Maroc auprès de l'ONU, a co-présidé vendredi à New York une réunion de haut niveau du Groupe des amis des Nations unies sur l'intelligence artificielle au service du développement durable. L'objectif : finaliser les préparatifs du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA, qui se tiendra les 6 et 7 juillet à Genève.

Les co-présidents du Dialogue mondial, les ambassadeurs Egriselda López (Salvador) et Rein Tammsaar (Estonie), ainsi que des directeurs de l'UNESCO et de l'Union internationale des télécommunications (UIT), ont présenté aux délégations l'état d'avancement et le programme des deux journées.

Un test pour le multilatéralisme

Dans sa déclaration d'ouverture, Hilale a qualifié Genève de « test de la capacité du système multilatéral à gouverner une technologie de cette ampleur ». L'enjeu est clair : sans accord global, les règles de l'IA resteront écrites par quelques puissances.

« Si nous échouons, les règles de l'intelligence artificielle continueront de s'écrire dans des clubs restreints, et la fragmentation que nous observons aujourd'hui ne fera que s'aggraver », a-t-il averti.

Les chiffres qui inquiètent

L'ambassadeur a rappelé que l'IA a quitté les laboratoires. Son marché atteindra 4 800 milliards de dollars à l'horizon 2033 selon la CNUCED, tandis qu'une centaine d'entreprises concentrent 40 % des dépenses mondiales de recherche en IA.

La concentration du pouvoir est encore plus frappante au niveau géopolitique : 7 pays développés seulement participent à l'ensemble des grandes initiatives internationales de gouvernance de l'IA, tandis que 118 États n'en font partie d'aucune. Cette marginalisation révèle un déséquilibre profond.

Au-delà du technique

Les défis de l'IA ne sont plus seulement techniques. Ils sont géopolitiques, éthiques, économiques et sociaux. Cette réalité justifie un dialogue mondial inclusif, loin des négociations entre quelques acteurs dominants.

L'initiative marocaine

Le Maroc a initié, avec les États-Unis, la première résolution onusienne sur l'intelligence artificielle, adoptée par l'Assemblée générale en mars 2024 et co-parrainée par plus de 120 États membres. Hilale et son homologue américain ont ensuite créé le Groupe des amis de l'ONU sur l'IA, qu'ils co-président actuellement.

Cette mobilisation marocaine positionne le royaume comme acteur clé dans la gouvernance mondiale de l'IA, un dossier où les pays du Sud réclament depuis longtemps une voix égale.

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