enterprisePublié le 12 juin 20264 min de lecture

SAP et DigiFemmes : un mois d'immersion pour structurer l'inclusion digitale en Côte d'Ivoire

Des experts de SAP ont passé quatre semaines au sein de DigiFemmes Côte d'Ivoire pour renforcer ses capacités organisationnelles. L'objectif : atteindre 100 000 bénéficiaires d'ici 2030.

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Une immersion stratégique au cœur d'Abidjan

Du 13 avril au 8 mai 2026, une équipe de SAP s'est immergée au sein de DigiFemmes Côte d'Ivoire, basée à Cocody. Cette collaboration ne vise pas à déployer des logiciels commerciaux, mais à renforcer les capacités internes de l'organisation. Elodie Franco-Ritz, directrice des Affaires gouvernementales pour la France et l'Afrique francophone chez SAP, explique : « Nous mobilisons les compétences de nos consultants pour optimiser les processus internes et assurer la pérennité de structures qui œuvrent pour le développement économique, l'éducation et l'emploi. »

L'équipe pluridisciplinaire comprenait Alejandro García (finance), Tino Eschenbach (sécurité et conformité), Olivia Gnoukoury (consultante locale) et Elodie Franco-Ritz elle-même. De son côté, DigiFemmes était représentée par Nadine Zoro, présidente, et Kate Assi-Okoue, responsable marketing et communication.

Le Social Sabbatical Program de SAP

Cette immersion s'inscrit dans le Social Sabbatical Program (SoSa) de SAP, une initiative qui envoie des consultants de haut niveau s'immerger un mois dans des organisations à fort impact social. Le programme cible des structures œuvrant pour le développement économique, l'éducation et l'emploi — trois domaines que DigiFemmes couvre intégralement.

Pour Nadine Zoro, l'approche est « top-bottom » : « L'objectif est de toucher l'organisation pour que nous puissions ensuite toucher plus de personnes. Si nous sommes mieux structurés et durables financièrement, l'impact sera démultiplié. » Aujourd'hui forte de 28 000 bénéficiaires, DigiFemmes vise 100 000 femmes et jeunes formés à l'horizon 2030.

Des conseils pragmatiques et adaptés

Les experts de SAP ont travaillé sur l'existant plutôt que d'imposer des solutions coûteuses. Alejandro García a optimisé des outils de la suite Google pour éviter des dépenses supplémentaires. Nadine Zoro souligne l'importance de cette approche : « Ils nous conseillent des outils abordables et nous aident à définir des procédures de gestion dignes des grandes entreprises, mais adaptées à notre échelle. Cela nous permet d'améliorer notre gestion de données, de créer des tableaux de bord auditables et d'accroître notre visibilité. »

Cette collaboration s'est avérée enrichissante pour les deux parties. Elodie Franco-Ritz reconnaît : « Nous ne venons pas des mêmes équipes chez SAP. Cette diversité de profils, combinée à la connaissance du marché local d'Olivia, nous forme une équipe pluridisciplinaire très enrichissante. »

L'inclusion digitale comme moteur de compétitivité

DigiFemmes Côte d'Ivoire a évolué d'un programme d'aide internationale à une organisation locale alignée sur les standards internationaux de redevabilité. Son fil conducteur reste l'inclusion digitale.

Pour Nadine Zoro, il s'agit d'un enjeu de compétitivité nationale. « Le digital ne doit pas se faire sans les femmes. Elles représentent environ 50 % de la population et doivent être des actrices de l'écosystème, pas seulement des consommatrices. » Cette inclusion s'étend aux zones rurales et aux personnes en situation de handicap, suivant le slogan « No one left behind ».

Face aux critiques sur l'usage superficiel des réseaux sociaux, Nadine Zoro oppose une vision pédagogique. « Si on donne un outil à un enfant, il ne sait pas ce que c'est, mais il peut apprendre à s'en servir pour cuisiner. Nous montrons aux femmes comment le digital peut servir leur vision de vie. »

Des résultats concrets sur le terrain

Le programme « Élan », en partenariat avec Ecobank, forme des « vendeuses digitales » — des jeunes filles sans emploi devenues expertes en digitalisation des commerces de quartier. Les résultats parlent d'eux-mêmes : certaines bénéficiaires génèrent désormais 200 000 francs CFA de revenus supplémentaires par mois.

L'accès au financement reste un défi majeur. DigiFemmes agit comme catalyseur en créant des ponts avec le secteur bancaire. Le partenariat avec ADEC Microfinance pour la solution Fineo Femmes en est un exemple : les femmes accèdent au crédit après trois mois pour 2 500 francs par mois, contre 19 000 francs pour l'offre classique.

Les défis à surmonter

La connectivité et l'équipement demeurent des obstacles dans l'intérieur du pays. Nadine Zoro souligne l'importance du plaidoyer auprès du secteur privé et du gouvernement : « Toute entreprise devrait avoir un programme de responsabilité sociale lié au digital, car c'est le moteur de leur propre croissance future. »

Pour pallier le manque de personnel, DigiFemmes s'appuie sur un réseau national de « DigiVolontaires » qui porte le message de l'inclusion jusqu'aux marchés et aux champs.

Vers l'intégration de l'intelligence artificielle

Les experts de SAP repartent avec des idées concrètes, notamment sur l'intégration de l'intelligence artificielle dans les processus et programmes de DigiFemmes. Elodie Franco-Ritz se dit impressionnée par les témoignages de bénéficiaires dont la vie a basculé grâce à l'organisation. Alejandro García appelle le secteur privé à s'engager davantage : « DigiFemmes est une dynamique très forte et nécessaire. »

Cette immersion à Abidjan démontre qu'entre la rigueur d'un leader mondial du logiciel et la passion d'une organisation locale, la technologie peut devenir un véritable levier de dignité humaine et de prospérité partagée.

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