STAM 2026 : l'Afrique fabrique ses propres téléphones
Un grand salon africain en juillet 2026 à Abidjan : au lieu d'importer des téléphones, les Africains décident de les fabriquer eux-mêmes sur le continent.

Ce qui manque aux Africains, ce n'est pas l'argent ni l'intelligence — c'est la volonté politique et la capacité industrielle. Cette idée simple est au cœur du STAM 2026 (Salon des Téléphones et Applications Mobiles d'Afrique), qui se tiendra les 8 et 9 juillet 2026 à Abidjan, Côte d'Ivoire.
Ce salon n'est pas qu'un simple rassemblement de vendeurs de téléphones. Non — c'est un message politique et panafricain : les Africains sont capables de fabriquer leurs propres smartphones, et ils n'ont plus besoin de dépendre des importations étrangères.
Le rêve : une industrie locale, pas juste de la consommation
Kodioro Fofana, coordinateur général du salon, a été clair : « La numérisation seule ne suffit pas. Nous voulons construire une vraie industrie. »
La différence est simple : beaucoup de pays africains sont entrés dans l'ère du smartphone, mais seulement en tant que consommateurs. Ils achètent des téléphones à l'étranger, les utilisent, et c'est tout. Mais l'argent dépensé pour ces importations s'en va hors d'Afrique.
La solution ? Fabriquer les téléphones ici.
Cette idée n'est pas nouvelle — il existe des exemples réussis en Asie. La Chine, par exemple, importait la technologie d'Europe et d'Amérique il y a 30 ans. Aujourd'hui, c'est la Chine qui fabrique les téléphones et l'électronique pour le monde entier.
Coulibaly Lamine, représentant du ministre ivoirien du Commerce et de l'Industrie, a expliqué cette logique clairement : « La force d'un pays ne réside pas seulement dans ses ressources naturelles — elle réside dans la capacité à fabriquer. Si tu as de l'or mais que tu ne peux rien produire, ton argent s'en va ailleurs. »
La différence entre consommation et industrie
Lamine a soulevé un point crucial : « Les Africains sont distraits par le sport et le divertissement, qui ne servent qu'à employer les ouvriers des usines. Le reste — la vraie industrie — c'est ce qui crée la richesse. »
Imaginez cette différence :
- Consommation : vous achetez un téléphone Samsung ou Apple. L'argent va en Corée du Sud ou en Amérique.
- Industrie : vous fabriquez le téléphone localement. L'argent reste dans le pays, les employés travaillent chez vous, et la technologie reste sur votre territoire.
Cette différence est ce qui transforme un pays d'une « nation pauvre » à une « nation riche ».
Comment fonctionne le projet ?
L'idée n'est pas simple : fabriquer des téléphones africains avec des technologies modernes. Mais le téléphone africain n'est pas une version bon marché et de faible qualité — non, le téléphone africain est :
- Adapté au climat africain : batterie qui résiste à la chaleur, écran lisible au soleil intense
- Adapté à l'usage africain : applications locales, support des langues africaines
- Adapté au prix africain : moins cher que les téléphones étrangers, mais de haute qualité
Fadima Diawara, PDG de la société guinéenne Kunfabo, mène ce mouvement. Kunfabo est une entreprise africaine qui fabrique des appareils électroniques localement.
Les grands objectifs
Le salon STAM 2026 s'attend à :
- 10 pays africains participants (pas seulement la Côte d'Ivoire)
- Plus de 5 000 personnes (ingénieurs, entrepreneurs, responsables gouvernementaux)
- Des partenariats entre entreprises africaines et géants mondiaux (Samsung, Apple, et d'autres qui pourraient fabriquer des téléphones avec les Africains)
L'objectif final : la souveraineté technologique. C'est-à-dire que l'Afrique puisse dire : « Nous fabriquons nos propres téléphones, nous n'avons besoin de personne. » Cet indépendance industrielle signifie aussi une indépendance économique et politique.
Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
Pour les Marocains et les Nord-Africains, ce mouvement africain envoie un message clair : l'industrie locale est possible. Les ingénieurs marocains ayant une expérience en électronique et en fabrication peuvent entrer sur ce nouveau marché — soit comme employés de nouvelles entreprises africaines, soit comme indépendants offrant des services d'ingénierie et de conception. Même les petites et moyennes entreprises marocaines du secteur électronique pourraient devenir des fournisseurs pour ces nouveaux projets. Et l'idée plus large ? Ce type de mouvement ouvre la porte à d'autres industries : les appareils médicaux, les outils agricoles, l'équipement industriel — tout ce que les Africains importaient autrefois de l'étranger, ils pourraient commencer à le fabriquer localement.
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