Hideo Kojima rejette l'IA créative après le scandale de sa pub générée
Le créateur japonais condamne l'utilisation d'IA pour la création artistique, suite au rejet massif d'une campagne publicitaire entièrement générée par algorithme.

Le scandale de la publicité générée par IA
Hideo Kojima a dû clarifier sa position face à une polémique inattendue. Du 3 au 7 juin 2026, Prada a organisé Satellites II, une installation artistique à l'Hôtel Chelsea de New York. Pour promouvoir l'exposition, une campagne de 90 secondes a été diffusée : un court-métrage entièrement généré par IA mettant en scène des avatars du créateur japonais et du réalisateur danois Nicolas Winding Refn en astronautes échoués sur une planète extraterrestre.
Les fans ont rejeté massivement cette approche. Sur les réseaux sociaux, la campagne a été qualifiée d'« AI slop » — du contenu généré sans âme. Le problème : Metal Gear Solid, la franchise culte de Kojima, alerte depuis des décennies sur les dangers de la dépendance aux systèmes automatisés et à l'IA. Une publicité entièrement générée par algorithme contredit frontalement le message de son œuvre.
Une position nuancée, pas un rejet total
Kojima a senti le besoin de clarifier son stance. Il ne rejette pas l'IA en bloc, mais refuse catégoriquement son usage dans la création artistique. En décembre 2025, il avait déjà déclaré à CNN préférer l'IA pour « les systèmes de contrôle et le comportement des PNJ, mais pas pour les aspects créatifs ».
L'IA, selon lui, reste un outil utile pour accélérer les tâches répétitives et techniques. Mais la direction artistique, l'écriture, la conception visuelle : ces domaines doivent rester humains.
Le réalisateur danois valide la critique
Nicolas Winding Refn, présent à l'exposition Satellites II, a aussi commenté la polémique. « Nous vivons une époque terrifiante où tout est si incertain », a-t-il déclaré. Son intervention renforce le message : les créateurs refusent de laisser l'IA dicter la direction artistique.
Cohérence avec son œuvre
La position de Kojima n'étonne guère. Elle s'aligne parfaitement avec les thèmes de ses jeux depuis des décennies. Ses prochains projets — OD, un titre horrifique en exclusivité Xbox, et Physint, un jeu d'espionnage PlayStation prévu pour 2030 — s'appuieront entièrement sur la créativité humaine.
Cette stance tranche avec une industrie vidéoludique de plus en plus tentée par les raccourcis de l'IA générative. Kojima choisit l'inverse : investir dans le talent créatif humain, même si cela coûte plus cher et prend plus de temps.
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