fundingPublié le 18 juin 20263 min de lecture

Bezos investit 1,2 milliard dans Prometheus, une IA pour les ingénieurs

Avec 18 milliards levés en total, Prometheus vise à réduire de dix ans le cycle de conception industrielle. Bezos et ses co-investisseurs parient sur l'IA physique.

جيف بيزوس يستثمر 1,2 مليار دولار فـ Prometheus: ذكاء اصطناعي للمهندسين

Un tour de table de poids lourds

JPMorgan Chase, Goldman Sachs, BlackRock et Jeff Bezos en personne : le casting des investisseurs signale l'ambition. La première levée avait rapporté 6,2 milliards de dollars en novembre 2025, au moment de la création de Prometheus. Le total dépasse maintenant les 18 milliards de dollars.

Pour une entreprise de 150 personnes réparties entre San Francisco, Londres et Zurich, le chiffre surprend. Prometheus n'a encore rien montré publiquement.

Réduire dix ans de conception à quelques mois

Bezos co-dirige Prometheus avec Vik Bajaj, qui avait cofondé Verily, la branche sciences de la vie d'Alphabet. Leur ambition : remplacer par de l'IA une grande partie du travail de conception industrielle — moteurs d'avion, molécules pharmaceutiques, semi-conducteurs.

Bezos a donné un exemple concret à CNBC. Un motoriste aéronautique demande un réacteur avec 10 % de poussée supplémentaire. Le cycle de développement atteint normalement dix ans. Prometheus vise à diviser ce délai par dix, voire davantage.

La différence clé : le modèle s'entraîne sur des données du monde physique — tests industriels, simulations, retours du terrain — et non sur du texte ou du code.

Le discours sur l'emploi suscite le doute

Bezos ne parle pas de suppressions d'emplois. Il évoque plutôt la pénurie de main-d'œuvre. Selon lui, les gains de productivité générés par l'IA vont faire monter le niveau de vie au point que des ménages à deux salaires n'auront plus besoin que d'un seul.

Sauf que le parcours de Bezos raconte une autre histoire. Amazon, dont il reste président du conseil et premier actionnaire individuel, emploie plus de 1,5 million de personnes. Au cours de la dernière année, des dizaines de milliers de salariés ont été licenciés pendant que l'entreprise accélérait son propre programme d'automatisation.

Le même dirigeant qui promet la prospérité par l'IA a présidé l'une des plus grandes vagues de suppressions de postes du secteur technologique. La contradiction ne passe pas inaperçue.

L'IA physique attire les plus gros chèques

Avec une valorisation de 41 milliards de dollars, Prometheus rejoint le club très fermé des startups d'IA les plus chères jamais financées. Les investisseurs se ruent sur ce qu'ils appellent l'IA physique, un secteur qu'ils jugent plus défendable que le logiciel pur.

Entraîner une IA à comprendre comment un réacteur produit de la poussée ou comment une molécule se comporte dans le corps humain ne se fait pas avec des données publiques. Il faut des décennies de tests industriels, des simulations propriétaires, des retours du terrain. Ce savoir-là ne traîne pas sur internet.

Bezos mise sur le fait que cette rareté protègera Prometheus mieux que n'importe quel brevet logiciel.

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