newsPublié le 18 juin 20263 min de lecture

Meta refuse de payer la presse australienne — la bataille commence

L'Australie impose à Meta, Google et TikTok de financer la presse locale. Meta refuse et coupe les actualités de Facebook. Le Parlement vote bientôt.

Meta تقول الخطة الأسترالية "ماشي منطقية اقتصاديا" — والمعركة مع الصحافة كتبدا

Meta a publié un communiqué virulent jeudi dernier, répliquant fermement au gouvernement australien. Le message est clair : « Cette loi est discriminatoire et rétrograde, nous ne l'accepterons pas ». La maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp est furieuse.

La question est simple : l'Australie veut imposer à trois géants (Meta, Google, TikTok) de choisir entre :

  1. Négocier avec les journaux locaux et les rémunérer
  2. Ou laisser le gouvernement prélever 2,25 % de leurs bénéfices en Australie pour financer la presse

Le Parlement australien n'a pas encore voté, mais le scrutin devrait intervenir avant la fin de l'année.

Pourquoi l'Australie agit-elle ?

La raison saute aux yeux : plus de la moitié des Australiens lisent l'actualité via les réseaux sociaux. Les journalistes rédigent les articles, Meta et Google captent les clics et la publicité. Ce déséquilibre perdure depuis des années, et la presse manque cruellement de revenus.

L'université de Canberra a étudié la question, et les chiffres sont accablants : les journaux perdent des revenus publicitaires chaque année tandis que les réseaux sociaux engraissent.

Meta a déjà coupé les actualités — sans regret

Ce n'est pas la première fois. En 2024, quand l'Australie a tenté d'imposer une mesure similaire, Meta a riposté brutalement :

Les actualités ont disparu de Facebook en Australie.

Du jour au lendemain, plus un seul article d'actualité sur Facebook. La presse a perdu un canal de distribution entier. Après ce coup, Meta a étendu la même politique au Royaume-Uni, en France et aux États-Unis — chaque fois qu'un gouvernement tente d'imposer quelque chose, Meta coupe les actualités.

Le message est sans ambiguïté : « Nous n'avons pas besoin de la presse autant qu'elle a besoin des réseaux sociaux. »

Meta mise sur les vidéos courtes et l'IA, pas sur le financement de la presse traditionnelle.

L'Australie agit sur plusieurs fronts

L'Australie ne fait pas dans la demi-mesure. En décembre dernier, elle a interdit aux enfants de moins de 16 ans d'accéder aux réseaux sociaux — première nation au monde à le faire.

Maintenant, d'autres pays observent. La France en particulier suit de près : elle se bat déjà pour les « droits des éditeurs » (l'idée que les journaux méritent une rémunération quand Google ou Meta utilisent leur contenu). Si l'Australie gagne, la France pourrait tenter la même approche.

La vraie question : qui finance la presse ?

Cette bataille n'est pas nouvelle — elle dure depuis 10 ans. Les réseaux sociaux affirment : « Nous vous envoyons du trafic, les gens arrivent sur votre site via nos plateformes. » La presse répond : « Le trafic ne suffit pas — la publicité s'est effondrée. »

Meta est catégorique : elle ne financera pas la presse traditionnelle. L'entreprise veut se concentrer sur la vidéo courte et les IA Agents (des programmes IA capables d'accomplir des tâches autonomes), pas sur le contenu d'actualité.

Qu'est-ce que cela signifie pour toi ?

Cette bataille touche directement la presse marocaine. Les journaux marocains — numériques ou traditionnels — dépendent énormément du trafic en provenance de Facebook et Instagram. Si Meta décide de couper les actualités au Maroc comme elle l'a fait en Australie, la presse locale perdrait des revenus massifs. Même ton site ou ton blog d'actualités en souffrirait. D'un autre côté, cette action australienne ouvre une porte : d'autres gouvernements pourraient tenter la même chose, et le Maroc aurait une occasion d'imposer aux réseaux sociaux de contribuer au financement de la presse locale. La question n'est pas simple — c'est une bataille sur l'argent et le pouvoir, et l'Australie vient de frapper fort.

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