Mistral AI s'installe à Montréal pour conquérir le marché canadien
La startup française rejoint Cohere dans la métropole québécoise. Montréal devient le seul endroit au monde où l'on peut visiter à pied les deux champions européen et canadien de l'IA.

Mistral AI débarque à Montréal
Mistral AI confirmera vendredi son intention d'ouvrir un bureau à Montréal au cours de l'été. Cette annonce survient quelques jours après celle de Cohere, qui agrandit ses propres bureaux montréalais ouverts il y a un an. Les deux entreprises sont en mode embauche.
Seuls deux pays, outre la Chine et les États-Unis, ont créé des grands modèles de langage commercialisés : la France avec Mistral AI et le Canada avec Cohere. Montréal sera bientôt le seul endroit au monde où l'on pourra visiter à pied les deux champions.
Pourquoi Montréal ?
Montréal confirme sa réputation de pôle international de l'intelligence artificielle, fondée jusqu'ici sur son excellence en recherche universitaire. Mistral a été attirée par cette réputation, mais son objectif est clair : séduire de nouveaux clients et vendre sa technologie aux entreprises et gouvernements canadiens.
« On a déjà une petite équipe sur place et l'idée, c'est d'accélérer notre croissance au Canada depuis Montréal », explique Audrey Herblin-Stoop, vice-présidente affaires gouvernementales et communications de Mistral AI. « On a des discussions assez nourries avec le gouvernement du Québec et avec des entreprises d'ici. »
Mistral se rapprochera également du Mila, le centre montréalais de recherche qui possède l'un des réseaux de chercheurs en IA les plus étendus au monde. Herblin-Stoop, ancienne haute dirigeante de Twitter en Europe, vante « le talent très fort à Montréal » en matière de développement de l'IA.
L'IA multilingue et indépendante
Sur papier, Mistral et Cohere se ressemblent beaucoup. La particularité de Mistral : elle a développé ses modèles de langage en français d'abord, puis dans une optique multilingue. Cohere, fondée à Toronto, a privilégié l'anglais. Ses modèles sont reconnus pour être multilingues.
Dans les deux cas, les clients visés sont les entreprises, puis les organisations gouvernementales et publiques.
Mistral AI dit avoir développé une technologie « indépendante » — ce que ses dirigeants préfèrent à « souveraine ». Elle convient aux organisations qui gèrent des données confidentielles et craignent de les héberger sous une législation étrangère. Par exemple, le gouvernement américain pourrait exiger de récupérer les données hébergées au Canada par des entreprises états-uniennes. Cela inquiète bien des organisations.
« Dans le monde d'aujourd'hui, il y a des organisations qui utilisent l'IA et qui doivent la détenir. C'est assez clé dans des secteurs comme la santé », explique Herblin-Stoop. « Nous sommes parmi les premiers à avoir déployé la technologie sur place en entreprise, et on pense que ça aura beaucoup de traction pour nous au Canada. »
Les atouts de Mistral
Mistral mise beaucoup sur son traitement automatisé de documents par reconnaissance optique. Cette technologie numériser et traite en accéléré des tonnes de documents écrits. L'entreprise a aussi développé des outils similaires pour traiter l'information sonore et vocale.
Ultimement, c'est l'efficacité de ses modèles que Mistral espère mettre de l'avant pour se démarquer de ses rivaux californiens, Anthropic et OpenAI. « Nous avons plein de petits modèles très efficaces qui coûtent dix fois moins cher pour arriver au même résultat que les grands modèles. Avec eux, il n'y a plus cette inquiétude d'avoir dépensé plus que prévu », conclut Herblin-Stoop.
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