startupPublié le 18 juin 20263 min de lecture

Vanadi : du Starbucks espagnol au bitcoin, une chute vertigineuse

Salvador Martí rêvait de créer une chaîne de cafés rivale de Starbucks. Trois ans plus tard, son entreprise Vanadi s'effondre après un pari désastreux sur le bitcoin.

رجل الأعمال اللي بغا يبني Starbucks إسباني، ولكن Bitcoin خسرو كل حاجة

D'une ambition café à une reconversion forcée

Vanadi Coffee & Lunch est née en juin 2022 dans les rues d'Alicante. Salvador Martí, entrepreneur espagnol déjà à la tête de FacePhi (reconnaissance faciale) et président de l'Intercity (premier club de football espagnol coté en bourse), inaugure sa chaîne de cafétérias avec une ambition claire : devenir le Starbucks espagnol.

Le projet semble solide. Quatre établissements ouvrent simultanément à Alicante. L'offre mise sur la modernité : cafés soignés, produits healthy, commande par application mobile, boulangerie artisanale. Carmen González, directrice des opérations du prestigieux restaurant madrilène Zalacaín, est recrutée pour piloter la proposition gastronomique. Le plan prévoit 30 cafés à Alicante avant fin 2022, puis une expansion vers Valence, Madrid et au-delà.

L'IPO et les premiers doutes

En juillet 2023, Vanadi Coffee entre en bourse sur le marché BME Growth (destiné aux PME espagnoles) à 3,28 euros par action. L'enthousiasme règne. Mais la réalité du terrain diverge rapidement des promesses.

Les ouvertures s'enchaînent bien plus lentement que prévu. En 2024, l'entreprise revoit drastiquement ses prévisions à la baisse :

  • 2025 : 9 cafés ouverts au lieu des 27 annoncés
  • 2026 : 15 établissements au lieu des 41 projetés

Les résultats financiers sont décevants. Le cours de l'action s'effondre progressivement et perd 99% de sa valeur.

Le tournant bitcoin : une spirale de la mort

Au printemps 2025, Vanadi annonce une décision radicale : abandonner progressivement son cœur de métier pour se reconvertir dans le bitcoin. L'entreprise change même de nom et devient Vanadi Treasury. Elle annonce vouloir investir jusqu'à 1 milliard d'euros en bitcoins.

Deux fonds investissent 50 millions d'euros chacun. L'effet est immédiat : le cours bondit de 54,5% en quelques jours, atteignant même +150% à son pic. Le mot « bitcoin » suffit à relancer l'intérêt.

Mais le mécanisme qui suit est destructeur. Vanadi Treasury ne génère aucun revenu hormis la vente de café : un acheteur de cryptomonnaies accumule des actifs mais ne vend rien. L'entreprise n'a pas les moyens d'acheter des bitcoins avec ses propres fonds.

Pour trouver cet argent, elle emprunte en échange d'actions nouvelles moins chères que sur les marchés. Chaque nouvelle émission dilue les actionnaires existants et fait pression à la baisse sur le cours. Quand le cours baisse, il faut émettre encore plus d'actions pour lever le même montant. Ce qui fait encore baisser le cours. Les experts financiers appellent ce mécanisme la « spirale de la mort » : l'entreprise survit à coups de prêts toxiques tout en détruisant sa propre valeur.

Une situation critique

Aujourd'hui, sur les 213 bitcoins que Vanadi possède, 130 sont bloqués en garantie d'un prêt auprès de la plateforme Bit2Me. Autrement dit, 61% de ses cryptomonnaies ne lui appartiennent plus vraiment.

Pour assurer sa survie, l'entreprise dit avoir besoin de 65 millions d'euros supplémentaires dans les 12 prochains mois. À ce stade, vendre des cafés ne suffira pas. Le rêve du Starbucks espagnol s'est transformé en un cas d'école des pièges du financement par dilution et de la volatilité des cryptomonnaies.

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